Aménagement d’un petit rez-de-chaussée

Ce mois-ci, nous vous présentons deux variantes d’un aménagement de rez-de-chaussée, d’une surface totale de 52m2 (dont une partie est occupée par un escalier).

Pour ce travail, une cloison a été abattue, pour supprimer la minuscule entrée et le couloir consécutif. La place gagnée permet d’agrandir le salon, de donner « de l’air » à l’ensemble, et offre enfin une cuisine pratique et spacieuse.

La première version est décorée avec un feeling « Indus », pas trop prononcé pour ne pas ankyloser un volume qui reste modeste.

Vue de l'entrée

L’entrée permet d’apprécier l’ensemble du volume dès le premier regard, avec une jolie perspective sur le jardin. La porte-fenêtre est entièrement dégagée pour maximiser la lumière, rare dans cette construction mitoyenne.

La vue inverse montre l’entrée de l’habitat, et dévoile le salon…

La cuisine offre un beau plan de travail. Le dessous de l’escalier est aménagé de placards et faux placards. Notez le claustra qui réserve un petit espace d’intimité dissimulant la porte des toilettes.

Une grande bibliothèque, qui monte jusqu’au plafond, intègre un petit coin bureau. Le mur est habillé de panneaux de revêtement imitation brique…

La seconde proposition prend le parti d’occuper entièrement le long mur, en créant une enfilade entre la cuisine et la bibliothèque du salon. L’aménagement est d’inspiration « scandinave », pour accentuer le sentiment d’espace et de volume. Un petit muret et une verrière colorée donneront de l’intimité pour la partie salle à manger…

L’effet « enfilade cuisine-salon » est accentué en gardant la même finition pour le mobilier. Quelques niches permettent de donner une dynamique à l’ensemble.

L’espace salle à manger est isolé par une verrière, et des murs de couleur différente accentuent l’effet. On aperçoit au fond une porte à galandage, qui remplace le claustra pour créer un vrai sas avant les toilettes…

Il ne reste plus qu’à choisir, et lancer les travaux !

Parlons ITI

Rénovation énergétique ! Cette expression doit hanter la plupart des propriétaires de logements en France, et le sujet est rabattu dans la presse, sur Internet, à la télévision, etc.

Cependant il me parait intéressant de faire un petit résumé de la problématique, et essayer d’apporter des explications simples sur quelques points précis.

Dans cet article, nous n’évoquerons que la rénovation « par l’intérieur » des murs, appelée ITI, rénovation dédiée principalement aux appartements. La rénovation par l’extérieur fera l’objet d’un autre article, comme la question des ouvertures (fenêtres et portes).

L’ITI (Isolation Thermique Intérieure) consiste à rajouter une couche d’isolant à l’intérieur de l’habitat, sur les surfaces en contact avec l’environnement extérieur. On ne touche bien évidement pas aux cloisons intérieures du logement, mais en revanche, pour être véritablement efficace, il faut également isoler les murs mitoyens, surtout ceux en contact avec les parties communes. Et, pour être complet, il faut étudier le cas des sols et plafonds !

Finalement, si le propriétaire prend l’option d’isoler tous ces éléments, cela représente un volume assez important, qui va immanquablement se traduire par une perte de surface habitable.

C’est là qu’intervient le choix cornélien de l’isolant. Laine de verre, laine de roche, polyuréthane, polystyrène, ouate de cellulose, etc., le choix est assez conséquent, chaque matériau ayant ses avantages et inconvénients. Les critères les plus évidents sont, dans ce qui nous concerne, l’épaisseur d’isolant et son prix au m2. Bien évidement, en général, moins l’isolant est épais, plus il est cher.

Pour faire simple, on peut distinguer 3 groupes d’isolants :

  • Les « laines ». Laine de verre, la plus connue, mais aussi laine de roche, laine de mouton et ouate de cellulose.
  • Les « synthétiques ». Polystyrène et Polyuréthane
  • Les « nouveaux ». Un seul représentant à priori pour l’instant, le Panneau isolant sous vide (PIV).

Le premier groupe d’isolants, les « laines », regroupe les isolants les plus épais, et, globalement, les moins chers. Il faut compter entre 16cm et 18cm d’isolant, pour un coût de 15 à25 € au m2.

Le second groupe, les synthétiques, affiche une épaisseur de 12 à 15 cm, pour un prix de 25 à 40 € au m2 (15cm et 25€ pour le polystyrène)

Enfin, le Panneau isolant sous vide affiche une épaisseur remarquable de 2cm seulement, mais un cout de 80 € aum2 !

Vous pouvez trouver un tableau plus complet sur le site d’ID maison, ici : https://www.ideesmaison.com/Guide-des-prix/Guide-des-prix-de-l-isolation/Prix-de-l-isolation-interieure-au-m2/Prix-de-l-isolation-interieure-au-m2.html

A ces critères quantifiables et relativement objectifs, on peut ajouter quelques éléments plus subjectifs, qui peuvent entrer en compte.

  • D’une part, puisque l’on parle de rénovation énergétique et donc d’écologie, il faut peut-être se pencher sur le problème de l’impact écologique de ces matériaux (conception, recyclage). Sur ce point, la laine de mouton et la ouate de cellulose se distinguent des autres matériaux évoques. En contre partie, ils sont plus chers que la laine de roche et laine de verre.
  • Le cas du polyuréthane est inverse. Très isolant, c’est, semble -t’il, un très mauvais élève du point de vue écologique. Si pour certains, cela n’a aucune importance, il ne faut pas non plus fermer les yeux et se rappeler du précédent de l’amiante. Personne ne peut savoir aujourd’hui si ce matériau sera toujours accepté dans quelques années. Et, honnêtement, il est très difficile d’avoir un avis impartial sur sa nocivité éventuelle. A titre personnel, je ne le recommanderais pas pour un investissement à long terme. Vous pourrez continuer cette réflexion sur le site monEquerre : https://www.monequerre.fr/polyurethane-danger-mythe-ou-realite-guide-complet/
  •  Le cas du panneau isolant sous vide est à part. C’est un nouveau produit, donc sans réel retour sur la durée, assez fragile (on ne doit pas le percer), mais qui peut être une solution enthousiasmante au regard à son épaisseur (pour les plafonds, par exemple).

Outre le choix de l’isolant, on mentionne toujours, lorsqu’on parle d’ITI, un autre élément qui entre en compte : le pare vapeur.

Le pare vapeur est un « simple » film plastique que l’on vient poser par-dessus l’isolant. Son but est d’empêcher l’air chaud de l’intérieur d’être confronté avec l’air froid qui traverse les murs extérieurs. Sans lui, l’air chaud, au contact d’une zone plus froide, se condense, humidifie l’isolant et favorise l’apparition de moisissures (comme les ponts thermiques).

C’est donc un élément à ne pas négliger, et la pose doit être parfaitement maitrisée, au risque de détériorer l’ensemble du logement. Pour les passionnés, l’Ademe a publié un guide complet sur la pose de pare vapeur : https://librairie.ademe.fr/urbanisme-et-batiment/3798-guide-de-pose-du-pare-vapeur-dans-le-cadre-des-travaux-d-isolation.html

Et enfin, conséquence de tous ces stratagèmes pour réaliser une isolation parfaite du logement, il est indispensable d’installer une ventilation mécanique (c’est-à-dire non naturelle, mais provoquée et automatique), la fameuse VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée). Sans système de ventilation, le logement va s’humidifier rapidement en présence d’humains, et se détériorer à vitesse grand V.

Comme une somme conséquente a été dépensée pour réaliser l’isolation, il n’est décemment pas envisageable d’installer une VMC « simple flux », mais plutôt opter pour une VMC double flux. La différence entre les deux est assez simple : une VMC simple flux ne fait d’expulser l’air intérieur vers l’extérieur, et des grilles d’aération (au niveau des fenêtres, souvent) se chargent de laisser entrer de l’air frais (dans tous les sens du terme).

La VMC double flux, en plus d’expulser l’air intérieur, va puiser l’air extérieur et utilise la chaleur de l’air expulsé pour réchauffer l’air qu’elle injecte dans le bâtiment.

Tous ces éléments peuvent sembler complexes, contraignants et sources de dépenses inutiles, mais les gains en matière de dépense énergétique sont remarquables et permettent réellement de limiter toutes les dépenses de chauffage (le besoin en chauffage étant moindre, on peut se permettre d’équiper le logement de radiateurs moins puissants).

Pour terminer, rappelons qu’un bâtiment classé passoire thermique (consommation supérieure à 450Kwh/m2/an) en 2023 l’était déjà en… 1974, date de la première loi sur le sujet (loi RT74) qui interdisait la construction de bâtiment ayant une consommation supérieure à 250Kwh/m2/an !

Verrières et claustras

En matière d’aménagement intérieur, comme dans tant d’autres domaines, certaines idées et habitudes que l’on croyait abandonnées a jamais refont leur apparition, au détour de nouveaux besoins ou, le plus souvent, parce que leurs alternatives ont montrées leur limites.

Les verrières, par exemple, étaient très répandues au 19ème siècle. Totem de l’Art Déco, les verrières étaient présentes dans tous les lieux de vie. Les artistes, peintres, sculpteurs et plus tard photographes les plébiscitaient pour l’éclairage naturel apporté, les usines pour leur intérêts dans la création de lieu fermés mais ayant vue sur l’extérieur, les architectes en abusaient pour leur modernité et leur légèreté et, plus tard, les habitations les adoptèrent, principalement pour le gain de lumière qu’elles offraient, à l’heure où l’éclairage électrique était absent, défaillant ou trop onéreux.

Elles sont quelque peu tombées dans l’oubli dans la deuxième moitié du 20ème siècle, remplacées chez les particuliers par moult halogènes, appliques, etc.

Faisant leur réapparition dans le début des années 2000 dans les lofts et autres espaces industriels transformés en habitation, les verrières regagnent aujourd’hui une popularité certaine. Et ce n’est pas étonnant, tant les besoins en aménagement intérieurs ont évolué pour, ironie de l’histoire, rejoindre ceux de nos proches ancêtres.

Ainsi, les cuisines « américaines » chères aux années 90 ont finalement montré leurs inconvénients : odeurs de cuisine omniprésentes, bruit des hottes aspirantes insupportable, intégration trop poussée de deux espaces très différents, etc. La verrière vient en secours pour « réparer » ces aménagements, et, comme dans les anciens ateliers de manufacture, offre un bon compromis entre intégration et séparation. Grace à ces verrières nouvelles, la lumière passe, mais les odeurs et les bruits restent contenus.

De la même façon, les halogènes quittent les habitations et une solution « nouvelle » doit être trouvée pour les pièces aveugles. Là encore, la verrière est la réponse idéale, comme l’avaient intelligemment déterminés les artistes et photographes du 19è, qui avaient, eux aussi, soif de lumière naturelle.

Nos besoins d’espaces clos/ouverts, pour travailler chez soi dans la journée sans empiéter trop sur le séjour, nos habitations trop petites, voient également dans les verrières l’une des réponses les plus simples et les moins onéreuses sur le long terme à mettre en œuvre, tout en apportant un style et une élégance indiscutable.

Les claustras peuvent également remplir ce rôle de séparation douce, mais dans une certaine opposition aux verrières. Là ou l’on souhaite plus d’intimité, une lumière plus tamisée, sans sacrifier la ventilation et sans isoler complètement un petit espace, les claustras sont la solution idéale.

Les claustras modernes permettent, en outre, de jouer avec la lumière en projetant des ombres très graphiques, et apportent reliefs et textures en intégrant des figures géométriques intéressantes. Les différentes déclinaisons en bois, métal et autres sont par ailleurs un gage d’adaptabilité bienvenu.

Two Cats Studio peut vous aider à faire votre choix, en intégrant numériquement verrières et claustra dans votre intérieur, en simulant plusieurs configurations, et en illustrant les effets de lumières produits par ces différents aménagements.

Suppression d’une cloison

Voici les objets ayant servi de référence :

·       Le canapé est librement inspiré du modèle Adept Gray, disponible ici :
 https://www.comfyco.com/store/fabric_sofas/mw-eei-3059-gry.html

·       Le buffet est inspiré du modèle Karuma, créateur Eric Jourdan, disponible chez Cinna :
 https://www.cinna.fr/fr/modele/diner/bahuts/karuma/2828

·       Le lampadaire du salon est une reproduction du modèle FLOS Noctambule 4 High Cylinders :
https://www.luminaire.fr/flos-noctambule-4-high-cylinders-big-base.html

·       La table de la salle à manger est inspirée du modèle Naïa, de chez Ligne Roset :
 https://www.ligne-roset.com/fr/modele/diner/tables-de-repas/naia/2790

·       Les chaises sont inspirées du modèle Dara, disponible ici :
https://www.4-pieds.com/31273-chaise-salle-a-manger-rembourree-avec-pieds-metal-chrome-dara.html

·       Les suspensions de table sont une interprétation du modèle Brass Bell, de Patrick Zulauf, que vous trouverez chez Ligne Roset :
https://www.ligne-roset.com/fr/modele/eclairer/suspensions/brass-bell/2386

·       La desserte à spiritueux est une modélisation d’une création de Geoffroy Simon, créateur nantais :
https://www.atelieratemporel.com/desserte-%C3%A0-spiritueux

·       Le tableau d’Olives est une création de VoiliVoilà :
https://voilivoila.org/

·       Le papier mural est un extrait d’un visuel déniché ici :
Image par Victoria_Watercolor de Pixabay

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