Rénovation énergétique ! Cette expression doit hanter la plupart des propriétaires de logements en France, et le sujet est rabattu dans la presse, sur Internet, à la télévision, etc.
Cependant il me parait intéressant de faire un petit résumé de la problématique, et essayer d’apporter des explications simples sur quelques points précis.
Dans cet article, nous n’évoquerons que la rénovation « par l’intérieur » des murs, appelée ITI, rénovation dédiée principalement aux appartements. La rénovation par l’extérieur fera l’objet d’un autre article, comme la question des ouvertures (fenêtres et portes).
L’ITI (Isolation Thermique Intérieure) consiste à rajouter une couche d’isolant à l’intérieur de l’habitat, sur les surfaces en contact avec l’environnement extérieur. On ne touche bien évidement pas aux cloisons intérieures du logement, mais en revanche, pour être véritablement efficace, il faut également isoler les murs mitoyens, surtout ceux en contact avec les parties communes. Et, pour être complet, il faut étudier le cas des sols et plafonds !
Finalement, si le propriétaire prend l’option d’isoler tous ces éléments, cela représente un volume assez important, qui va immanquablement se traduire par une perte de surface habitable.
C’est là qu’intervient le choix cornélien de l’isolant. Laine de verre, laine de roche, polyuréthane, polystyrène, ouate de cellulose, etc., le choix est assez conséquent, chaque matériau ayant ses avantages et inconvénients. Les critères les plus évidents sont, dans ce qui nous concerne, l’épaisseur d’isolant et son prix au m2. Bien évidement, en général, moins l’isolant est épais, plus il est cher.
Pour faire simple, on peut distinguer 3 groupes d’isolants :
- Les « laines ». Laine de verre, la plus connue, mais aussi laine de roche, laine de mouton et ouate de cellulose.
- Les « synthétiques ». Polystyrène et Polyuréthane
- Les « nouveaux ». Un seul représentant à priori pour l’instant, le Panneau isolant sous vide (PIV).
Le premier groupe d’isolants, les « laines », regroupe les isolants les plus épais, et, globalement, les moins chers. Il faut compter entre 16cm et 18cm d’isolant, pour un coût de 15 à25 € au m2.
Le second groupe, les synthétiques, affiche une épaisseur de 12 à 15 cm, pour un prix de 25 à 40 € au m2 (15cm et 25€ pour le polystyrène)
Enfin, le Panneau isolant sous vide affiche une épaisseur remarquable de 2cm seulement, mais un cout de 80 € aum2 !
Vous pouvez trouver un tableau plus complet sur le site d’ID maison, ici : https://www.ideesmaison.com/Guide-des-prix/Guide-des-prix-de-l-isolation/Prix-de-l-isolation-interieure-au-m2/Prix-de-l-isolation-interieure-au-m2.html
A ces critères quantifiables et relativement objectifs, on peut ajouter quelques éléments plus subjectifs, qui peuvent entrer en compte.
- D’une part, puisque l’on parle de rénovation énergétique et donc d’écologie, il faut peut-être se pencher sur le problème de l’impact écologique de ces matériaux (conception, recyclage). Sur ce point, la laine de mouton et la ouate de cellulose se distinguent des autres matériaux évoques. En contre partie, ils sont plus chers que la laine de roche et laine de verre.
- Le cas du polyuréthane est inverse. Très isolant, c’est, semble -t’il, un très mauvais élève du point de vue écologique. Si pour certains, cela n’a aucune importance, il ne faut pas non plus fermer les yeux et se rappeler du précédent de l’amiante. Personne ne peut savoir aujourd’hui si ce matériau sera toujours accepté dans quelques années. Et, honnêtement, il est très difficile d’avoir un avis impartial sur sa nocivité éventuelle. A titre personnel, je ne le recommanderais pas pour un investissement à long terme. Vous pourrez continuer cette réflexion sur le site monEquerre : https://www.monequerre.fr/polyurethane-danger-mythe-ou-realite-guide-complet/
- Le cas du panneau isolant sous vide est à part. C’est un nouveau produit, donc sans réel retour sur la durée, assez fragile (on ne doit pas le percer), mais qui peut être une solution enthousiasmante au regard à son épaisseur (pour les plafonds, par exemple).
Outre le choix de l’isolant, on mentionne toujours, lorsqu’on parle d’ITI, un autre élément qui entre en compte : le pare vapeur.
Le pare vapeur est un « simple » film plastique que l’on vient poser par-dessus l’isolant. Son but est d’empêcher l’air chaud de l’intérieur d’être confronté avec l’air froid qui traverse les murs extérieurs. Sans lui, l’air chaud, au contact d’une zone plus froide, se condense, humidifie l’isolant et favorise l’apparition de moisissures (comme les ponts thermiques).
C’est donc un élément à ne pas négliger, et la pose doit être parfaitement maitrisée, au risque de détériorer l’ensemble du logement. Pour les passionnés, l’Ademe a publié un guide complet sur la pose de pare vapeur : https://librairie.ademe.fr/urbanisme-et-batiment/3798-guide-de-pose-du-pare-vapeur-dans-le-cadre-des-travaux-d-isolation.html
Et enfin, conséquence de tous ces stratagèmes pour réaliser une isolation parfaite du logement, il est indispensable d’installer une ventilation mécanique (c’est-à-dire non naturelle, mais provoquée et automatique), la fameuse VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée). Sans système de ventilation, le logement va s’humidifier rapidement en présence d’humains, et se détériorer à vitesse grand V.
Comme une somme conséquente a été dépensée pour réaliser l’isolation, il n’est décemment pas envisageable d’installer une VMC « simple flux », mais plutôt opter pour une VMC double flux. La différence entre les deux est assez simple : une VMC simple flux ne fait d’expulser l’air intérieur vers l’extérieur, et des grilles d’aération (au niveau des fenêtres, souvent) se chargent de laisser entrer de l’air frais (dans tous les sens du terme).
La VMC double flux, en plus d’expulser l’air intérieur, va puiser l’air extérieur et utilise la chaleur de l’air expulsé pour réchauffer l’air qu’elle injecte dans le bâtiment.
Tous ces éléments peuvent sembler complexes, contraignants et sources de dépenses inutiles, mais les gains en matière de dépense énergétique sont remarquables et permettent réellement de limiter toutes les dépenses de chauffage (le besoin en chauffage étant moindre, on peut se permettre d’équiper le logement de radiateurs moins puissants).
Pour terminer, rappelons qu’un bâtiment classé passoire thermique (consommation supérieure à 450Kwh/m2/an) en 2023 l’était déjà en… 1974, date de la première loi sur le sujet (loi RT74) qui interdisait la construction de bâtiment ayant une consommation supérieure à 250Kwh/m2/an !